Ana

Ana est bénévole pour le programme de mentorat intégration et facilite l’intégration des personnes migrantes résidant dans le canton de Vaud.

Qu’est-ce qui vous a décidé à faire du bénévolat chez Caritas Vaud ?

Le bénévolat fait partie de ma vie depuis mon plus jeune âge. Quand j’avais 14-15 ans, j’ai demandé à ma tante si je pouvais m’engager pour son association afin de travailler les samedis auprès de la population la plus précaire financièrement. C’était la première fois dans ma vie que je me suis rendue compte de la chance que j’avais d’appartenir à une famille aisée. Parallèlement, c'était la première fois que je voyais les rideaux du théâtre tomber en me trouvant face à la vérité du déséquilibre et de l’inégalité sociale. C’est là aussi que j’ai appris que le mot bénévolat venait étymologiquement du latin, avec bienveillance, « bonne volonté ». Depuis, je me suis toujours engagée (et je ne me suis jamais arrêtée) à donner mon temps, à porter de l’aide à ceux qui ont besoin et à partager avec les personnes qui ont des contraintes multiples.
Mon moteur motivationnel est la (ré)intégration sociale et économique de personnes, notamment avec des migrants. Leur situation étant à l’époque inconnue de mon parcours professionnelle, j’ai trouvé que chez Caritas non seulement je pouvais me développer dans ce sujet en me baignant dans des cas pratiques mais aussi intervenir et être une actrice directe au service des personnes les plus vulnérables. J’apprécie le fait de travailler pour une institution qui répond aux préoccupations des personnes sans distinction sociale de richesse, tout en respectant leur race, leur religion, leur nationalité, leur appartenance à un certain groupe social ou leurs opinions politiques. J’aime penser que nous sommes tous égaux justement dû au fait que nous sommes tous, sans exception, différents et, avec ce travail, je peux défendre la dignité des personnes et promouvoir leur autonomie.
 
Qu’est-ce que votre travail vous apporte au niveau personnel ?

La réalisation de savoir qu’une personne a trouvé le travail tant désiré et tant espéré, qu’une personne est active socialement, qu’elle est (ré)intégrée dans la société et qu’elle peut désormais faire valoir ses droits tout en respectant ses devoirs.
J’ai le respect du principe d’égalité comme cap à tenir. Par conséquent, quand un∙e de mes bénéficiaires trouve son chemin professionnel, je considère que cette personne est libre socialement et économiquement pour mener à bien sa vie ainsi que celle de sa famille. Je suis d'autant plus fière de représenter Caritas Vaud pour être à l’écoute des personnes au quotidien. Ce travail m’apporte la reconnaissance de la valeur dans le cadre de la promotion de la cohésion économique et sociale tout en mettant au point des plans et des stratégies visant à valoriser, promouvoir et encourager les personnes vulnérables à leur participation citoyenne.

Que pensez-vous apporter aux autres grâce à votre travail ?

Pour mes bénéficiaires : je travaille en tant que coach, en tant que conseillère en personnel et mentor en intégration et je pense apporter des conseils à leur (ré)insertion socioprofessionnelle avec un travail de réseau ciblé à chacun. J’établis aussi une stratégie de réinsertion pour chaque bénéficiaire et un suivi régulier avec des suggestions, des conseils et un encadrement ciblé avec des objectifs attribués par les services sociaux. J’apporte aussi mon écoute active, mon esprit d’entraide et mon empathie, parallèlement à mon pragmatisme et ma rigueur innés. Dans des cas spécifiques, j’apporte un accompagnement et un suivi ciblés dans leurs démarches et dans leur compréhension du système politique suisse et vaudois ainsi que des renseignements sur leurs droits et devoirs.
Pour mes supérieurs de chez Caritas : je pense apporter mon esprit de collaboration et une adaptation à la diversité et aux changements ainsi qu’un sens de responsabilités et étique du service public. J’apporte aussi ma participation active à des séances de partages et pratiques, un moment riche où j’apprends énormément. Je leur remercie d’avoir la possibilité d’être au plus près des besoins de la population et participer à l’évolution de mon lieu de vie.
Pour la société : j’apporte ma position défensive à l’égard des personnes vulnérables, la valeur du respect et de la tolérance mutuelle.
Pour ma famille : je considère que l’éducation passe par l’exemple qui est la meilleure force de conviction. Et que mon enfant puisse grandir en respectant les autres sans juger leur ethnie, leur parcours ou leur choix de vie.
Enfin et surtout, ce sont les bénéficiaires qui m’apportent beaucoup grâce à leurs expériences vécues, à leur cheminement de vie, parfois turbulent, mais d’autant riche en histoire. Derrière ces personnes, il y a des vies à découvrir, des histoires à écouter, des récits singuliers, des moments à partager.